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d’assurer la sécurité de M. Diori Hamani.

Le samedi 20, le commandant Sani arrive à Lagos et remet un message du colonel Kountché dans lequel il prie le général Gowon de considérer le nouveau régime nigérien avec «  sympathie et compréhension. »

Autre séquelle du coup, la Commission Niger-Nigéria ne pourra se réunir dix-huit mois durant, c’est-à-dire jusqu’à la chute du général Gowon, en dépit des efforts du régime militaire de Niamey. Il y aura même un incident significatif : une délégation nigérienne arrivera à Sokoto pour une réunion pourtant mise sur pied avec beaucoup de difficultés, et repartira pour Niamey sans avoir pu rencontrer la délégation nigériane restée à Lagos.

Les réactions bienveillantes et parallèles de Lagos et d’Ottawa m’amènent à écrire une fois de plus à nos nombreux amis du Canada pour leur suggérer une démarche après du général Gowon en faveur du président Diori...

Au Cameroun également, l’émotion est grande. Le président Ahidjo qualifie d’odieux l’assassinat de la Présidente, grande amie de son épouse. Jusqu’à sa démission de la présidence, il refusera de recevoir Seyni Kountché au Cameroun.

Le flot d’expressions de sympathie pour le Président et la multiplication des pressions amènent le lieutenant-colonel Kountché à assurer dès le mois de mai 1974, au correspondant de Reuter, que le président Diori en particulier et les dirigeants du régime civil en général « seront traités avec humanité, considération et bienveillance.  »

Quels sont les arguments avancés par ceux qui s’obstinent à refuser de voir une relation de cause à effet entre les négociations sur l’uranium et la rénovation du Parti d’une part, et le putsch de l’autre ? Des exégètes plus ou moins intéressés ont essayé de l’expliquer, tour à tour, par l’impéritie, la corruption ou les Libyens...

Prenons d’abord l’impéritie du régime face à la sécheresse.

Au lendemain du putsch, le Conseil Militaire Suprême prend en mains l’organisation des secours aux victimes de la sécheresse afin, déclare le colonel Kountché, « que les populations ne meurent plus à quelques kilomètres des vivres. » En somme, pour le colonel, les vivres ne manquent pas ; il s’agit simplement d’en organiser la distribution. Qu’en était-il ?

La sécheresse durait depuis six ans. Elle était autrement sévère alors. Pour s’en convaincre, il suffit de se référer au Sahel _organe du régime militaire_ daté du 27 janvier 1984. « Les étiages à Niamey, y lit-on, ont atteint une valeur basse de 2,7 m³/seconde, le record absolu étant observé en 1974 (0,5 m³/seconde). » En d’autres termes, le débit du fleuve, tributaire des pluies, était 5 fois plus

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