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réduit au moment du putsch qu’en 1983-1984, année d’une sécheresse qualifiée de « terrible » par les autorités actuelles de Niamey.

Autre conséquence de la rareté des pluies, à Niamey la nappe phréatique était à 10-12 mètres en 1974, contre 6 à 7 mètres d’ordinaire et 8 mètres en 1984.

Y avait-il suffisamment de vivres ? Non. Au déficit de la production céréalière intérieure s’ajoutait le retard de l’aide promise. M. Bembello, alors ministre du Développement et de la Coopération du président Diori, avait cité à ce propos des chiffres édifiants : le programme d’assistance prévoyait, selon le ministre, un total de 224 000 tonnes de céréales et vivres divers. Or, sur la première tranche de 90 000 tonnes prévues et programmées pour fin mars 1974, « seules 40 000 tonnes ont été livrées par les organismes multidonateurs étrangers. » Donc il y avait un déficit de 50 000 tonnes. Y avait-il incurie dans la distribution ? Non. Du moins à en croire Le Nouvel Observateur [9] dont l’envoyé spécial, M. Jean-Francis Held, rentrait précisément du Niger... « Là-bas, écrivait-il, le drame est subi moins passivement qu’ailleurs dans le Sahel. Le pouvoir agit, on fait quelque chose, on cherche. C’est plus intéressant que de constater les horreurs du Mali par exemple... » Et les spéculateurs ? Selon le même journaliste, « les mesures prises par le gouvernement... pour empêcher les commerçants d’accaparer le grain et de le revendre bol par bol au plus haut cours sont relativement efficaces. »

Alors ? Que reste-t-il de l’accusation de l’impéritie du régime civil face à la sécheresse ?

Et le régime militaire ? A-t-il pu faire preuve de plus d’efficacité ?

Certes, au lendemain du coup d’État, le capitaine Moumouni Djermakoye, promu ministre des Affaires étrangères et de la Coopération affirmait dans une déclaration ayant fière allure :
« Le peuple du Niger... a été obligé pendant quelques temps de s’en remettre, pour son alimentation, à la générosité de ses frères de la communauté internationale. Ce spectacle humiliant, nous avons pris la ferme résolution de ne plus jamais le revoir. » [10]

Le colonel Kountché, lui aussi, avait glosé sur « l’étreinte humiliante de la faim. » [11] Hélas

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