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pour le peuple nigérien, dix-huit mois après la prise de pouvoir, on sait déjà dans les cercles dirigeants de Niamey et de Bruxelles, que « le déficit céréalier sera très important en 1975-1976. »

Mais le régime militaire, de peur de perdre la face, fera traîner les choses avant d’en appeler une fois de plus à la solidarité internationale.

Ainsi, le même Moumouni Djermakoye lance, le 9 février 1976, « un appel au monde pour obtenir d’urgence 200 000 tonnes de produits alimentaires. » [12] On parle de « situation tragique » à Niamey. Le régime militaire, comme du temps de Diori Hamani, évalue les besoins globaux de denrées alimentaires sur la base de 250 kg par personne secourue et par an.

Mais les militaires n’ont pas le prestige et la stature qu’avait réussi à acquérir le président Diori. Les fonctionnaires internationaux reprennent donc vite leurs mauvaises habitudes et commencent à marchander. On assiste ainsi à des tractations sordides. Ils s’obstinent avec suffisance à faire leurs projections d’aide sur la base de 175 kg par an. Un responsable de la F.A.O tiendra à préciser encore que « le Niger a peu de chances de recevoir les 200 000 tonnes qu’il réclame... » [13]

Comme le disait alors Tanko Hassa [14], « il faudra 25 ans aux militaires pour reconstituer le capital prestige de Diori » ; et il ajoutait : « remplacer Diori, ce n’est pas difficile, faire mieux, c’est impossible. »

Autre exemple flagrant d’incapacité, la tentative de la junte de recourir à des moyens aériens pour la lutte contre les acridiens et autres pestes qui ravagent les cultures. Niamey demande donc un avion pour expérimenter cette forme nouvelle de protection des récoltes. Les Américains acceptent de mettre, pendant trois semaines, un avion à la disposition des autorités nigériennes. L’avion une fois à terre, à Niamey, il faudra au régime militaire 17 jours pour accorder les autorisations administratives ad’hoc. Résultat ? Au bout de 30 heures de vol, reliquat des 21 jours, l’avion américain quittera le Niger.

Le 11 février 1976, une dépêche AFP apportera la preuve par neuf de l’incompétence des militaires en précisant que « le quart des Nigériens est menacé de famine.  » West Africa, pour sa part, fait état de l’accusation de

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