id=’nh4’>4]. » Puis, par-delà le dirigeant de la sécession, le président Diori s’adresse « aux puissances, aux hommes et aux organisations » qui soutiennent la rébellion pour des « raisons humanitaires » et leur rappelle que si tel est l’objectif réel, le mieux serait de « faire arrêter la guerre, et non d’exciter les gens à se battre. »

Le président nigérien connaît en particulier le rôle nocif, voire néfaste pour la France, des «  hommes » qui se targuent de parler en son nom. Lagos aussi. C’est pourquoi, dès le 2 mai 1969 _c’est-à-dire quelques jours après l’échec du référendum et le départ de de Gaulle_, le ministre fédéral des Affaires extérieures du Nigéria rencontre M. Michel Debré. Selon la note confidentielle transmise de Paris, « le ministre nigérian lui sort tout le paquet, à savoir le trafic d’armes par Abidjan et Libreville, et aussi par les bateaux de pêche censés travailler en Mauritanie. Il lui donne des détails sur ce trafic, lucratif pour beaucoup... » Il se montre très sévère et demande à son homologue français de préciser la position de la France. M. Debré ne peut que nier toute immixtion.

L’acharnement des adversaires de tous bords de l’unité au Nigéria, débouchera sur un échec lamentable.

Et si cette guerre civile fut la seule de l’Histoire à se terminer sans massacres, le mérite en revient, certes, avant tout, au général Gowon, mais aussi aux exhortations du président Diori. Il ira jusqu’à prendre, publiquement, position sur ce problème combien délicat, en déclarant dans les heures qui suivent la reddition des troupes rebelles :

«  Nous faisons pleinement confiance aux autorités fédérales pour que, surmontant leur victoire militaire, elles demeurent fidèles aux engagements qu’elles ont solennellement pris en maintes occasions et... mettent en œuvre une politique de large réconciliation nationale afin que, la sécurité des personnes et des biens étant assurée, les frères retrouvés associent loyalement leurs efforts dans les tâches de la reconstruction... »

Mais la cessation des combats et l’absence d’excès de la part des troupes nigérianes, ne mettent pas fin aux soucis du président Diori. En effet, la presse nigériane, au su de l’ampleur de l’aide française au Biafra, se déchaîne contre la France, risquant ainsi de faire le jeu des activistes parisiens. À la demande du président Diori, je mène une enquête sur l’impact possible d’une telle campagne de presse en France. Dans une courte note datée du 23 janvier 1970, je fais le point de la situation :

« Il faudrait que la presse nigériane se calme tout de suite, et cesse d’envisager comme une possibilité la

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