nationaliste agressif du Canada français et chef de file de l’ « Union Nationale », vient de remporter une brillante victoire aux élections provinciales du Québec en revendiquant « l’égalité ou l’indépendance ».

Le changement d’attitude est, me semblait-il, perceptible : M. Gaudefroy, directeur du programme d’assistance aux pays francophones, comme M. Touchette, directeur du Département Afrique au ministère des Affaires extérieures, commencent à montrer de l’intérêt. Mais de toute évidence, ils me l’ont dit, ils ne disposent pas de moyens financiers pour le moindre effort en faveur de la Côte d’Ivoire et du Niger _pour lequel je travaillais depuis peu_ à part leurs professeurs sur place et les stagiaires ivoiriens au Canada.

En décembre 1966, nouveau séjour et premier succès : mes interlocuteurs proposent l’édification et la gestion d’une école secondaire technique pour chacun des deux pays. C’est bien maigre, mais c’est un premier pas. Je ne me fais pas d’illusion : la récente décision de l’Organisation Commune Africaine et Malgache de promouvoir la « francophonie » ne doit pas être étrangère à ce succès.

J’y retourne encore en mars. Pour une évaluation de la situation politique à la veille de l’Exposition Universelle de Montréal (Expo 67), mais aussi, conformément à la tactique suivie en Allemagne fédérale et en Scandinavie, pour créer un cercle d’amis. L’objectif est de susciter un courant d’opinion favorable aux deux pays que je sers, et aussi d’intéresser le secteur privé à leur développement [2].

Donc, la Côte d’Ivoire et le Niger commencent à être connus, à attirer l’attention des cercles officiels d’Ottawa comme des milieux d’affaires de Toronto et de Montréal.

C’est dans ce contexte, et à ce moment précis, en juillet 1967, que le général de Gaulle lance du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal son fameux «  Vive le Québec libre ». C’est un mot d’ordre clair. Le plus illustre des Français sort des sentiers battus des déclarations emberlificotées en usage jusque là. Il n’en est plus à laisser entendre ou supposer son appui au droit des Québécois à l’autodétermination, à l’indépendance.

L’événement se transforme en crise majeure quand de Gaulle décide d’écourter sa visite et de rentrer directement de Montréal à Paris, sans se rendre à Ottawa, la capitale du Canada.

À ce stade, il faut nous arrêter un moment et analyser de façon succincte la crise franco-canadienne. En effet, sa perception par le président Diori Hamani aura de grandes

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