conséquences pour le Niger comme pour l’Afrique francophone.

Dans la semaine qui suit l’esclandre de Montréal, le président Diori interroge officiels et officieux. Il est atterré. Lui, avait saisi toute l’importance du filon économique et politique canadien pour le Niger. En tant que président de l’OCAM, il estimait à sa juste valeur l’émergence du fait francophone au Canada et son impact à venir sur l’attitude jusque là « anglo-saxonne » du Canada. Est-ce la fin de sa vision de perspectives nouvelles et aguichantes pour l’Afrique francophone en général, et le Niger en particulier ?

Première question : pourquoi de Gaulle, si pointilleux d’ordinaire sur le problème de la non-ingérence, a-t-il violé de façon si brutale ce principe de base des relations internationales ? Et de plus, sur le territoire même de l’État intéressé ?

À Paris, les opinions divergent. Pour les uns, il a rendu à Ottawa la monnaie de sa pièce : en 1960, le gouvernement canadien n’avait-il pas exercé des pressions « intolérables » pour amener de Gaulle à accélérer le processus de l’auto-détermination, droit octroyé aux Algériens l’année précédente ? Le Premier ministre canadien n’avait-il pas alors menacé de retirer son soutien à l’ONU ? Pourquoi les départements français de l’Algérie devaient-ils avoir le droit à l’auto-détermination et pas le Québec ?

Selon une autre thèse, plus sentimentale, de Gaulle aurait voulu réparer « la faute de nos rois », celle des bradeurs de « quelques arpents de neige ».

Enfin, pour d’autres, la réception populaire, organisée de main de maître par certains activistes français et leurs amis québécois, aurait « intoxiqué » le Général et l’ambiance au bas du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal aidant, l’aurait amené à commettre un impair.

Deuxième question : quelles sont les réactions dans les milieux parisiens de la presse, de la politique ?

Là, les choses sont plus claires : la consternation paraît générale et les partisans du Québec indépendant semblent bien minoritaires. Très minoritaires. Quelques coups de fil, quelques déjeuners avec des journalistes, des membres de cabinets ministériels, et nous sommes fixés : l’administration dans son ensemble ne suit pas le Général. L’opinion publique non plus.

Bientôt la plupart des ténors de la presse affichent leur hostilité. Sirius, le plus prestigieux des journalistes, rappelle dans le Monde que « la vieillesse est un naufrage », insiste, relation de cause à effet, sur « la peine, l’angoisse des fidèles du général » et diagnostique « une hypertrophie

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