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permanent à Bruxelles pour qu’il fasse savoir que l’affaire méritait une étude, avant toute réaction.
« Si vous en étiez d’accord, un représentant des maisons françaises pourrait, au nom des principales sociétés concernées, se rendre prochainement à Niamey pour vous faire part de leurs observations et conclusions communes, dans un esprit de mutuelle compréhension.
« Je souhaite vivement que cette mission puisse contribuer à une heureuse conclusion dans l’esprit d’amitié et de coopération qui caractérise les relations de nos deux pays.
« Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de ma très haute considération, à laquelle je joins l’expression renouvelée de ma constante amitié. »

Le Président attend ma réaction. Je dis simplement : « C’est bien mesquin. »
C’est tout ? »
— Il ne faut pas prendre ça au tragique. Il a dû vous envoyer cette lettre pour en montrer la copie à un importateur ami gaulliste...
 »
Vous ne trouvez pas, me répond-il, excessif, exorbitant, que l’un des dirigeants les plus en vue de la troisième puissance nucléaire, de l’un des cinq États disposant du droit de veto au Conseil de sécurité, se permette de nous menacer ? Si Debré réagit avec une telle désinvolture pour une vétille, quelle sera demain sa réaction pour un enjeu d’importance majeure ? Non, non. Je vais profiter de mon séjour à Paris pour faire comprendre à tous que le Niger ne peut être bafoué... » [1]

Effectivement, le Président devait soulever le problème avec chacun de ses interlocuteurs et leur faire part _y compris à M. Debré_ de son étonnement devant cette intrusion dans les affaires intérieures de son pays. Ses divergences avec le chef de la diplomatie française sur le problème du Biafra ne l’avaient guère gêné, « au contraire ».

Pour fixer les idées, il convient de relever que si l’on consulte les chiffres concernant les onze produits de grande consommation dont l’exclusivité d’importation venait d’être accordée à la Copro-Niger, on se rend réellement compte à la fois de l’importance de cette initiative pour le Niger, et de son impact dérisoire sur la France prospère d’alors. Le litige portait en effet sur un total approximatif de 17 millions de francs lourds.

Une goutte d’eau pour l’économie française, 9 % du budget de l’État nigérien pour 1969.

Cette

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