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président nigérien recevait, au vu et au su de tous, les représentants de la SFIO de passage à Niamey. Il en rencontrait aussi à Paris. Comme je relevais le déplaisir que cela pourrait causer dans certains milieux parisiens, il m’avait répondu : « Je n’ai pas l’habitude de renier mes amitiés. » C’est dans ce contexte que nous recevions le feu vert pour publier, dans la livraison de 1967 de « Perspectives nigériennes », des extraits d’un éditorial du « Populaire de Paris » éminemment sympathique.

L’éditorialiste de l’organe socialiste, dans l’incapacité de faire référence au caractère démocratique du régime nigérien, n’y faisait aucune allusion mais magnifiait par contre le caractère républicain du régime, sa vitalité. Cela se passait quatorze ans avant l’arrivée des socialistes au pouvoir...

En 1971, le congrès d’Épinay donne naissance au nouveau parti socialiste dirigé par François Mitterrand. Le P. S. soulève à la fois réticence et enthousiasme dans les milieux que je fréquente à Paris. Je décide d’y adhérer, dès février 1972.

Mais à ce moment, je suis toujours conseiller du président Diori. Dois-je l’avertir au préalable ou m’inscrire et l’en informer ultérieurement ? J’opte pour la seconde solution pour des raisons de principe certes, mais aussi pour lui permettre de me désavouer en cas de nécessité.

Une fois admis à la 8e section, j’arrive à Niamey. Dès la première entrevue _en février ou mars 1972_, j’annonce au chef de l’État mon adhésion au PS. Cela ne semble guère l’étonner. Sans doute parce que nous avions déjà discuté de la chance que représentait le parti socialiste pour le renouveau de la France, de ses relations avec le tiers-monde.
— « Vous savez, Monsieur le Président, on compte plusieurs tendances au sein du PS. J’ai choisi celle de gauche. »
— « Ah bon ? De toutes façons, réfléchit-il à haute voix, je ne possède pas assez d’informations sur ses débats internes.
 »

À partir de là, à chacun de mes séjours à Niamey ou lors de nos rencontres à Paris, nous discuterons des chances de la gauche, lui se montrant sceptique face à mon optimisme étayé de faits concrets.

Au lendemain de la victoire de la gauche, dans une lettre manuscrite datée du 28 mai 1981, il m’écrira, de sa résidence forcée : « Pour le 10 mai, je reconnais avoir perdu le pari sur ce que je vous disais en 1973... »

Il lui a fallu aussi beaucoup de courage pour défendre ma modeste personne contre les attaques conjuguées des services de M. Jacques Foccart et de M. Houphouët-Boigny. Qu’il me soit permis de citer quelques faits à titre d’exemples. Le

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