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lecteur voudra bien m’excuser de cette intrusion.

Ainsi, en mars-avril 1969, au moment où le chef d’État ivoirien hésitait à accepter ma démission, l’officier de liaison du secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches auprès de l’ambassade du Niger à Paris, s’était montré indiscret. « Bientôt, avait-il dit à un fonctionnaire de l’ambassade, Baulin ne sera plus couvert par son passeport diplomatique ivoirien et commencera alors à déguster... » Le propos ayant été rapporté au Président, et sachant que je n’étais pas citoyen français, il me faisait remettre, dans la semaine, un passeport diplomatique nigérien. Je ne saurai la vérité sur cette hâte _elle m’avait étonné alors_ que bien plus tard, par Maitourare Gadjo, directeur-adjoint du Cabinet du Président de la République.

L’acharnement de M. Houphouët-Boigny à m’éliminer de la scène africaine prendra des formes tout aussi brutales. Le Président avait peine à en comprendre les raisons.

À Niamey, on avançait alors plusieurs hypothèses : selon certains, le président Houphouët ne pouvait admettre que « Diori garde Baulin » ; selon d’autres, il ne pardonnait pas à son ex-conseiller de continuer, à partir d’une nouvelle plate-forme, son combat contre la politique de soutien au Biafra, puis contre la tentative de dialogue avec l’Afrique du Sud. Selon une troisième thèse, le leader ivoirien rendait Baulin responsable du refroidissement de ses relations avec son collègue nigérien. Effectivement, depuis peu, le président Diori ne se disait plus le jeune frère d’Houphouët et se conduisait encore moins en cadet africain obéissant. Mais je n’y étais pour rien : pour des raisons géopolitiques évidentes, le Niger ne pouvait _ à l’instar de la Côte d’Ivoire_ soutenir le Biafra, tendre la main à l’Afrique du Sud, ou faire cause commune avec certains milieux parisiens.

Passant outre à ces données objectives, le président Houphouët s’acharnait à me faire l’honneur encombrant de me considérer comme le principal obstacle sur la voie de la reprise en main du chef d’État nigérien. Il se heurtera au président Hamani Diori qui s’obstinera à lui dire, à lui répéter : « Baulin n’a pas démérité. »

C’est dans ce contexte que se place un incident somme toute amusant.

Au cours d’une de leurs nombreuses entrevues, le chef d’État ivoirien avait ramené, une fois de plus, la conversation sur ce sujet devenu obsessionnel. Et pour emporter la conviction de son collègue nigérien, lui avait dit : « Si tu voyais le dossier qu’a Foccart sur Baulin, tu cesserais de le défendre et tu t’en débarrasserais. » Le président Diori lui avait répondu : « Eh bien ! demande à Foccart de

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