n’a rien à gagner et tout à perdre ?


Cette pactomanie a amené l’Arabe à donner au mot « pacte » une signification que l’on ne peut déceler dans aucun dictionnaire. On en trouve la preuve sur les lèvres de M. Faek el Samarai, chef de la délégation des juristes irakiens au Congrés des avocats arabes réuni à Damas en septembre 1957. Parlant du pacte de Bagdad, il disait : « Le nom de notre capitale est traîné dans la boue par les impérialistes et leurs valets lorsqu’ils l’associent à leur pacte agressif. »


Quand un traité quelconque entre en compétition avec le nationalisme, il ne sort jamais vainqueur de l’épreuve. C’est l’opinion de Nehru qui déclarait en octobre 1957 : « Le nationalisme arabe est beaucoup plus fort que le pacte de Bagdad. » Les événements d’Irak viennent de lui donner raison.


Il vaudrait mieux pour l’Occident que le président Eisenhower prenne aussi conscience de cette réalité, et cesse de pratiquer une politique qui s’est soldée par « un parti ami, un pays hostile ; un politicien pour, une nation contre. »


Les pactes sont tellement discrédités en proche Orient que le plan Eisenhower tendant à « combler le vide » laissé par les Franco-Anglais après l’affaire de Port-Saïd, n’a trouvé qu’un seul amateur : le Liban. De l’avis unanime des observateurs, c’est dans l’adhésion du président Chamoun à la doctrine Eisenhower qu’il faut rechercher la cause de l’insurrection libanaise. Et l’intervention des Marines n’a pu redresser la situation.


Les événements du Liban viennent de confirmer le point de vie de M. Anhurin Bevan, qui prédisait dès le 30 avril 1957 : « Les États-Unis donnent l’impression de vouloir prendre la place occupée précédemment par la France et la Grande-Bretagne. En fait, ils n’ont pas plus de chance de réussir que nous ».


L’aide américaine. Pour les Occidentaux, l’attitude des dirigeants arabes sur cette question constitue une pure aberration. M. Gaillard a été contraint à de longues et délicates négociations pour arracher un prêt de 600 millions de dollars aux USA. Et quand Washington offre des

centaines de millions de dollars aux pays arabes, ces derniers font la fine bouche et refusent d’y toucher !

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