par certains ressortissants des puissances occidentales dans les différents pays du proche Orient.


Ces intérêts sont immenses, et se traduisent par des revenus plus que confortables. Le cas des compagnies pétrolières est le plus caractéristique. En 1952, l’Aramco a versé 212 millions de dollars - sous forme de taxes et de royalties - au gouvernement séoudite. Cette somme représentait, aux termes du contrat d’exploitation, 50% des profits nets réalisés uniquement sur la production de pétrole brut et après déduction des frais d’exploration et de développement, des taxes sur les revenus prélevées par le fisc américain, ainsi que des frais d’amortissement. Si l’on ajoute à ceci la part de bénéfices nets de l’Aramco - 212 millions de dollars - les revenus de cette société atteignent la somme de 424 millions de dollars. Ces bénéfices ne représentent que ceux réalisés en cours de production et ne comprennent pas les profits tirés par les compagnies-soeurs du transportLa construction du « Tapline » s’est traduite par une économie - donc des profits - annuelle de 75 millions de dollars.,

du raffinage, de l’exportation et de la vente des produits pétroliers... Selon une statistique de l’ONU publiée en 1951, chaque tonne de pétrole brut, vendue en Europe à 13 dollars, laissait un bénéfice net de 10,3 dollars ! La production actuelle de l’Arabie est de 50 millions de tonnes environ.


Des bénéfices aussi fabuleux réalisés par les compagnies pétrolières et les gouvernements américain et anglais, en Arabie séoudite, en Irak, au Koweit, en Iran, à Qatar et Bahrein expliquent, en grande partie, la politique occidentale dans cette région. Et ce n’est pas une simple coïncidence, si tous ces États du golfe Persique - à l’exception de I’Irak, depuis le 14 juillet 1958 - sont affligés de dirigeants féodaux. Un Mossadegh se fait-il le champion du nationalisme et de la nationalisation ? On l’abat dés que les compagnies américaines reçoivent l’assurance de participer au partage des revenus pétroliers...


Mais en préservant les intérêts économiques immédiats de ses ressortissants, l’Ouest est-il sûr de ne pas leur sacrifier, à long terme, ses intérêts politiques, voire son existence en tant que monde libre ? Les nationalistes irakiens, par exemple, viennent d’accéder au pouvoir. Ils demanderont certainement - à plus ou moins brève échéance - la nationalisation de « leur » pétrole. Quelle sera l’attitude de Londres ? Essayera-t-il de s’y opposer ? Washington l’épaulera-t-il

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