énergie l’action de certains pays, notamment celle du Ghana, qui accueillent les agents de la subversion et organisent sur leur territoire national des camps d’entraînement ».
Par ailleurs, le régime ghanéen a mauvaise presse à l’étranger. Les journaux de Grande-Bretagne et des États-Unis ne le ménagent guère. Phénomène symptomatique, car le Dr Kwame N’Krumah est en butte à un pays connu pour son attachement à la France du général de Gaulle, de ce même général qui porte des coups redoublés aux intérêts de tous les pays anglo-saxons ainsi qu’à leurs clients.
Cette hostilité déborde au demeurant le cadre strictement anglophone par suite d’une simple coïncidence : des dizaines de journalistes étrangers ont été invités à visiter la Côte d’Ivoire, en petits groupes, avant ou durant cette période de l’offensive anti-ghanéenne. Abidjan est ainsi certain de pouvoir exposer pleinement ses thèses, sinon de trouver des oreilles au moins attentives à son point de vue.
Ainsi, par exemple, le New York Times, Het Laatste Nieuws de Bruxelles, West Africa de Londres, Die Welt et Welt am Sonntag de Hambourg, attaquent le Ghana et relèvent en particulier l’état défectueux de son économie et de ses finances.
La condamnation à mort, le 8 février, à Accra, de deux anciens ministres du Dr N’Krumah et le décès, à la même époque, en prison, d’un opposant en détention préventive, le Dr Danquah, provoquent une virulente campagne de la presse anglaise et en particulier du Times, du Daily Telegraph, du Gardian.
L’attentat à la grenade, le 13 avril, contre le président Hamani Diori, relance la campagne anti-ghanéenne. De nouveaux journaux se lancent à l’attaque, tel le National Zeitung de Bâle, le Svenska Dagbladet de Stockholm, l’Aktuelt de Copenhague, l’Aftenposten d’Oslo, le Dagens Nyheter de Stockholm.
L’extrême habileté dialectique du président Houphouët-Boigny apparaît avec évidence lors de ses rencontres avec les journalistes invités. Ainsi, connaissant l’anti-franquisme - et l’anti-fascisme - viscéral des Scandinaves, il leur dira au cours d’une entrevue :
« Nous ne devons pas commettre la même erreur que les Européens... S’ils avaient arrêté Franco en Europe, la Seconde Guerre mondiale n’aurait peut-être pas eu lieu. Au Ghana se trouve un homme fou... » [17].
La Lettre ouverte au président N’Krumah, du 16 janvier

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