title=’Dépêche A.F.P. du 28 avril 1965.’ id=’nh33’>33].
Le président de la République du Congo-Brazzaville, pour sa part, annonce son refus de participer à la réunion projetée. M. Charles Ganao, son ministre des Affaires étrangères, se place sur le plan strictement juridique, en relevant l’impossibilité d’admettre un nouveau membre dans une organisation qui n’a pas encore d’existence légale. Effectivement, en mai 1965, la rédaction de la charte de l’O.C.A.M. n’est pas encore achevée : sa signature aura lieu treize mois plus tard à Tananarive...
Le leader mauritanien - l’indépendance de son pays est toujours contestée par le Maroc - cherche à ménager les États « révolutionnaires » arabes. Il ne peut, de toute évidence, prendre le risque de présider à l’admission du Congo-Léopoldville de M.Tshombé dans l’O.C.A.M.
Il ne peut, non plus, heurter de front l’ensemble francophone ou se montrer ouvertement réfractaire aux conseils en provenance de Paris. Pour ménager les uns et les autres, il choisit de « dépolitiser » le différend et de lui donner un caractère de simple malentendu : le 21 mai, dans un discours devant l’Assemblée nationale mauritanienne, il cite la date du 17 juin comme étant celle de la prochaine réunion à Abidjan des Chefs d’État et de gouvernement.
Le président Houphouët-Boigny ne peut accepter de perdre trois semaines - même pour démasquer le jeu de son collègue mauritanien - car l’émotion provoquée par l’attentat contre le président Diori risque de retomber. Par ailleurs, les adversaires africains et étrangers de l’ensemble francophone peuvent profiter du répit pour trouver une parade et empêcher l’admission du Congo-Léopoldville au sein de l’O.C.A.M. Déjà, à Léopoldville, M. Tshombé est obligé de démentir l’existence d’un quelconque différend entre le président Kasavubu et lui-même.
Donc, il faut faire vite. M. Léon M’Ba, déjà à Abidjan, blâme le président Moktar Ould Daddah de vouloir retarder le sommet, tandis que M. Maurice Yaméogo, pour sa part, essaie de forcer la main au leader mauritanien. « Quand huit ou neuf chefs d’État se réunissent, déclare-t-il, c’est la moindre des courtoisies que leur président vienne honorer de sa présence leur conférence. »
Le président Senghor lui-même semble avoir longtemps hésité avant d’abonder dans le sens de certains milieux intéressés de Paris : son arrivée à Abidjan sera confirmée le 23 mai seulement, moins de 72 heures avant le début de la conférence extraordinaire.
Le 26 mai 1965, huit chefs d’État

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