P.D.C.I. et le R.D.A. de l’autre. Le problème, déjà important en soi, apparaît encore plus intéressant quand on connaît les politiques actuelles du président ivoirien, et en particulier son anti-communisme viscéral.
Les autorités ivoiriennes se montrent d’ordinaire assez réticentes sur le sujet et on les comprend. M. Paul-Henri Siriex, ancien membre du Cabinet du Président du Conseil, M. René Pleven, en 1953, et ensuite directeur de la banque Worms, essaie de « justifier » la collaboration de son ami le président Houphouët-Boigny avec le Parti communiste français. Il consacre, sans grand succès il faut le reconnaître, de nombreuses pages à cette tentative maladroite de maquillage de l’Histoire.
Ainsi, dès leur arrivée en France, le P.C. aurait fait main basse, presque à leur insu, sur les députés africains :
« A Paris écrit-il, les élus africains avaient été installés, pris en charge plutôt, dans plusieurs grands hôtels par un service d’accueil. On ne savait pas très bien s’il était officiel ou l’émanation du Parti communiste qui comptait le plus grand nombre de députés à l’assemblée. On allait être fixé rapidement, mais les facilités offertes avaient au moins l’avantage d’éviter à la plupart d’entre eux un dépaysement trop brutal. Un secrétariat était même à leur disposition pour envoyer des nouvelles au pays et guider leurs premiers pas dans la capitale » [55].
Seul, le député ivoirien aurait fait preuve de réticences face à cette action de commandos. En effet, selon l’auteur, « tout cela n’avait d’ailleurs pas tellement plu à Félix Houphouët-Boigny. Il avait l’habitude de ne dépendre de personne et, dès le premier jour, il était bien décider à se passer de mentors trop prévenants » [56].
Le gouverneur Siriex se lance ensuite dans de longues et laborieuses explications pour laver les députés d’outre-mer du péché de coopération avec les communistes.
En fait, Le P.C.F. avait conseillé aux élus africains en butte à l’administration coloniale, de s’apparenter, à l’Assemblée nationale, au Mouvement Unifié de la Résistance (M.U.R.), allié du groupe communiste. Houphouët-Boigny et ses amis avaient eu la sagesse de suivre ce conseil.
Mais de toute évidence, il s’agissait d’une formalité puisque dans ses interventions à l’Assemblée nationale, le leader ivoirien utilisait la

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