formule : « Nous, élus du rassemblement démocratique africain apparentés au groupe communiste… » [57].
Son apprentissage de parlementaire français, M. Houphouët-Boigny le fera avec l’aide des députés du M.U.R. Parmi ces derniers, une place spéciale doit être réservée à Pierre Cot, qualifié de « notre ami » dans un document officiel du R.D.A. [58] et dont le gouverneur Siriex dira : « Il allait aider [Houphouët] de ses conseils et de son expérience parlementaire ».
Effectivement, si le fameux “Bureau 43” à l’Assemblée nationale préparait les discours du jeune député africain [59], Pierre Cot s’occupait personnellement de leur fignolage : quelle différence énorme dans la forme et dans le fond entre la profession de foi électorale du candidat Houphouët d’octobre 1945, et la très haute tenue intellectuelle et le français châtié de son intervention à l’Assemblée nationale cinq ou six mois plus tard, en faveur de l’abolition du travail forcé ! [60].
Quelle était à l’époque la stratégie du P.C.F. ? Quelle fut l’idée que se faisait alors les dirigeants communistes français de la situation en Afrique francophone et de leurs relations avec le P.D.C.I., comme avec le R.D.A. ? Elle apparaît sous un jour logique, sincère, mais aussi théorique, et pour tout dire franchement dogmatique. La fameuse circulaire du 20 juillet 1948, signée de Raymond Barbé, président de la fraction communiste à l’Assemblée de l’Union Française, et adressée aux « Groupes d’Études Communistes » (G.E.C.) définit bien l’attitude du P.C.F. Et surtout elle donne une meilleure idée de la réalité, y compris des illusions et des erreurs du P.C.F.
Tout d’abord, Raymond Barbé [61] récite le crédo en vigueur alors :<br

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