pas laisser au seul syndicat des planteurs, organisation de la bourgeoisie africaine, le contrôle exclusif de la vie politique cotivoirienne ».
Aujourd’hui les dirigeants ivoiriens admettent d’ailleurs ouvertement l’ampleur de l’apport des communistes. Ainsi, selon un article publié en mai 1977 dans l’organe officiel du P.D.C.I., le G.E.C. assura la formation et l’éducation politique des cadres du P.D.C.I. et fournit « non seulement les premiers dirigeants du parti, mais encore servit d’école des cadres » [63].
Mieux encore, « les statuts du parti furent rédigés en grande partie par des militants européens, en particulier Franceschi et Casanova… » [64].
Ainsi, grâce à l’apport idéologique et organisationnel du Parti communiste français, la classe des planteurs ivoiriens réussit à renforcer singulièrement les assises du mouvement et partant, les siennes propres.
Autre convergence majeure et déjà relevée, l’égale hostilité d’Houphouët-Boigny et du P.C.F. à toute notion d’autonomie. Quand au cours d’un débat parlementaire, le député Houphouët-Boigny déclarera : « Je n’ai pas condamné la colonisation. Je n’ai aucun intérêt à le faire », il sera salué par des « applaudissements à l’extrême gauche » [65].
Sur le même plan, Jacques Duclos affirmait le souci de son parti « d’assurer la permanence de la présence de la France dans les différents points du monde où flotte le drapeau de notre pays. Si la France était absente, son absence signifierait d’autres présences ».
Ce thème de la tutelle française préférable à une éventuelle main-mise américaine explique bien des compromissions du P.C.F. en Afrique.
Raymond Barbé ne doit plus être, et depuis un quart de siècle au moins, particulièrement fier des résultats de son action de dirigeant communiste en Côte d’Ivoire. En poussant à la constitution, durant l’absence du leader ivoirien, du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, les communistes français, loin de neutraliser le Syndicat Agricole Africain, mettaient au contraire à sa disposition un instrument valable - y compris leurs cadres - et sous sa coupe, les autres

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