famille, à l’heure actuelle - sur les papiers tout au moins - est mon égal… Je vous le répète…, je ne suis pas de la famille du roi des Baoulés. Ma famille n’était qu’un petit vassal de ce chef… ».
En somme, ni de famille royale, ni de famille princière, mais d’une famille de petits chefs quand même.
Avait-il d’exceptionnelles aptitudes professionnelles au point de froisser l’amour propre de ses supérieurs quand il était médecin, comme l’affirme encore le président Coulibaly ? Ou était-il plutôt, comme le dépeignait Étienne Djaument, un homme essayant de monnayer « les services rendus par son oncle » quand il servait d’« espion aux troupes » françaises au moment de la conquête ? [15]. Ou encore, toujours selon M. Djaument, un homme recourant aux « intrigues » pour essayer de devenir « chef supérieur du Baoulé… [et] mettre ses enfants sur le trône de l’Indénié » ? M. Félix Houphouët, pour sa part, rappellera durant son audition précitée, l’hostilité de l’Administration à sa nomination comme chef de canton en 1925, « du seul fait que j’étais sorti des Écoles du gouvernement général et parce que j’avais épousé le mauvais esprit du Sénégal ».
On pourrait continuer longtemps à citer partisans et adversaires de M. Houphouët. Mais quelques repères restent acquis.
« Sur 400 chefs de canton de la Côte d’Ivoire, dit-il, j’étais, en 1932, le seul candidat chef qui fut sorti des écoles du gouvernement général ». En somme, il représente l’élément le plus évolué d’une chefferie en pleine décrépitude certes, mais gardant ou étendant ses privilèges. De plus, c’est un homme riche : déjà, en 1925, il se trouve à la tête de très grandes plantations : « Près de 300 hectares [16] sans compter les plantations indépendantes de mes sœurs et de mes cousins », déclare-t-il [17]. Il cherche « à se rapprocher du terroir natal en vue de l’extension des plantations industrielles qu’il avait créés avec son frère cadet ». Il y réussit, puisque, selon ses propres dires, en 1939, il est le plus grand propriétaire

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