Congrès [11]. Il annonce également dans la foulée, pour répondre à la grogne de ceux qui n’y ont pas accès, « que désormais tout ce travail [de Motoragri] sera pour le paysan à titre gracieux ». Bien entendu cette promesse restera lettre morte.
Par ailleurs, pour légaliser la confiscation des terres, le régime tient à réaffirmer, à nouveau, sa thèse d’antan qu’il n’a pourtant toujours pas réussi à transformer en loi. Ainsi, « le Bureau Politique… décide, dans l’attente de la loi et des règlements d’application, que lorsque la terre a fait l’objet d’une mise en valeur… l’auteur de ladite mise en valeur, à l’exclusion de tous autres détenteurs de droits coutumiers sur le sol, peut
requérir l’immatriculation à son nom de cette terre » [12].
La mécanisation permettant la mise en exploitation de vastes étendues de terres, les confiscations prennent une ampleur sans précédent, provoquant la colère des détenteurs de droits coutumiers qui multiplient les protestations. D’autant que les dirigeants de l’État et du Parti font preuve de désinvolture et se montrent insatiables. A la réunion de Daloa du Bureau Politique du P.D.C.I., le Président essaie d’apaiser la colère des spoliés : il condamne l’occupation « abusive » des terres, interdit à quiconque d’occuper « sans autorisation » toute parcelle du « domaine public » et décide de « confier la répartition des terres à des commissions… ». L’appropriation des terres, sans dédommagement, par les représentants de l’élite, ne cessera pas pour autant.
Faut-il encore citer le “travail bénévole” qui complète - ou supplée - celui de la machine et dont bénéficient les dirigeants du régime ?
Ainsi, selon la presse ivoirienne, le receveur des P.T.T., le directeur de l’école, des gendarmes, etc., ont participé à la coupe du riz sur la plantation du secrétaire général de la sous-section de Soubré [13]. Toujours selon cette presse, le Président du Conseil Économique et Social qui déclarait, publiquement, le 27 mai 1966 : « Labourons nos champs pour donner l’exemple aux populations rurales », voyait, tout juste trois semaines plus tard,

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