plus modestement de 30 unités (130 contre 100) durant la même période. On rend hommage à « l’éminente valeur de nos sous-préfets ». On multiplie, dès 1964, la création de missions diplomatiques à l’étranger.
La relation de cause à effet entre les initiatives du président Houphouët-Boigny envers l’élite ou une fraction de cette élite, et le danger qu’elle représente se trouve illustrée par son attitude envers les cadres militaires.
Ainsi, le président Diori Hamani est renversé par des putschistes le 15 avril 1974. Par ailleurs, le gros des officiers de l’armée ivoirienne est composé de gens du Nord, généralement musulmans. En conséquence, le 24 juillet, le président Houphouët-Boigny nomme deux officiers originaires du Nord, secrétaires d’État. Le 25, il réunit les officiers supérieurs pour leur parler « de l’action entreprise… en vue de la suppression des disparités régionales » entre les parties méridionale et septentrionale du pays et les informe également de sa volonté de revoir et de corriger « les distorsions de la Fonction Publique », en d’autre termes d’augmenter leurs soldes grâce à des changements indiciaires. Début novembre, la presse annonce la nomination d’un commandant, de sept capitaines et d’un lieutenant à des postes de sous-préfets…
Mais si les postes de commandement sont recherchés, les Ivoiriens boudent l’enseignement où les possibilités d’épanouissement, surtout financier, sont très limitées. Ainsi, en 1979, dans l’Éducation nationale, le nombre des enseignants expatriés s’élevait à 3 000 [22].
Dans ce domaine, l’africanisation au rabais ne soulève guère d’opposition depuis bien longtemps. Dès 1965, M. Meric, le directeur de l’École Nationale d’Administration, se plaint de la réticence des Ivoiriens à se
porter candidats au concours d’entrée à l’École ; « étant donné le petit nombre d’étudiants [23], ajoute-t-il, la formule du concours ne se justifie pas pleinement… » [24].
Pour sa part, le ministre de l’Éducation en est réduit en septembre 1970 à emprunter officiellement et publiquement

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