aviser quiconque. Ils auraient monté par ailleurs une cabale contre lui, mettant en relief son hostilité au transfert de la capitale. Toujours selon le texte de la lettre, certains députés tenteraient de capitaliser au profit d’Emmanuel Dioulo les effets psychologiques de l’affaire de Yamoussoukro. Adoptant des méthodes discutables, ils auraient mis en circulation des photocopies des fiches de paie, et des primes de PDG des membres du cabinet du président de l’Assemblée nationale.M.Dioulo et ses amis diffuseraient, de plus, des rumeurs malveillantes concernant des détournements de fonds.
Et enfin, suprême accusation, ils auraient pris contact avec la presse étrangère.


Pour politiser davantage le problème et appuyer ses accusations, M.Bédié dénonce, dans un discours-à la demande du Président qui est de retour-les fauteurs de troubles. Il invite les militants à barrer la route à la subversion et aux tentatives de déstabilisation.


M.Dioulo tente de calmer le jeu. Il se rend compte qu’il est entré trop tôt en lice. Il ne peut accepter un combat alors que, de toute évidence, il lui semble que loin de l’appuyer ou de se cantonner dans la neutralité, le Président, décidément imperméable au sentiment de gratitude, apporte son soutien actif au camp adverse.
M.Dioulo cherche donc à gagner du temps.

Il réussit, croit-il, à amadouer M.Konan Bédié et pense avoir obtenu un amistice. Les choses paraissent effectivement se tasser. Pas pour longtemps.


Les amis de M.Bédié profitent du répit pour chercher le point faible de son adversaire. Ils le trouvent facilement car les affaires de M.Dioulo ne sont pas bien claires. Donc, ils décident de le frapper au portefeuille. Leur objectif ? Acculer M.Dioulo à la faillite. Le ruiner,
et par là, le priver de son trésor de guerre, donc le rendre inoffensif au plan politique.


M.Dioulo est le PDG de la Compagnie Générale d’Export-Import (COGEXIM). Il demande le 6 janvier 1984 à la Banque Nationale

pour le Développement Agricole (BNDA) un relevé des comptes de sa société. Force sera de constater bientôt que la comptabilité de la BNDA se trouve dans un état de délabrement avancé-son directeur général sera congédié-et que celle de la COGEXIM paraît quasi inexistante. Les deux parties décident par conséquent, en septembre 1984, à l’initiative de la COGEXIM, de désigner un cabinet d’experts-comptables chargé d’y voir plus clair. Celui-ci évalue la dette de cette dernière

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