l’hôtel Président et dont la climatisation

seule coûtera près de 2 milliards de francs CFA ; il lance également la climatisation de son mausolée, la construction de deux palais - dont l’un pour ses hôtes de marque - puis de la grandiose Fondation Houphouët-Boigny. La firme israélienne Solel Boneh, spécialisée dans le bâtiment, réalise des bénéfices confortables. Pour hâter les travaux, le Président règle souvent en billets de banque.
Il est vrai que certains fournisseurs se plaignent d’avoir à verser des pots-de-vin aux services comptables pour accélérer la liquidation de leurs factures.


C’est dans ce contexte euphorique que se développera, avant d’exploser, le scandale des sucreries. Il menacera, une fois de plus,
et très sérieusement, la laborieuse progression de M. Bédié vers le pouvoir suprême.


De quoi s’agit-il ?


Dès 1974, M. Maurice Séry Gnoléba, ministre du Commerce, constatant la hausse des prix des produits primaires consécutive à la flambée des prix du brut, avait repris à son compte le plan sucrier ivoirien lancé par M. Mohammed Diawara, ministre du Plan, en lui donnant encore plus d’ampleur.


Projet grandiose puisqu’il prévoyait la mise en place de douze complexes agro-industriels produisant 550 000 tonnes de sucre dont 450 000 destinées à l’exportation.


D’aucuns ne cachaient pas leur inquiétude devant des chiffres aussi impressionnants. Ils faisaient valoir que les besoins du pays se limitaient à 60 000 tonnes dont 40 000 pour la consommation humaine et 20 000 pour l’industrie. D’autres mettaient en relief le coût élevé du transport sur 700 km - du site au port - des quantités destinées à l’exportation.


Rien n’arrêtera les ministres intéressés, à savoir ceux de l’Economie, de l’Agriculture et du Plan.


Ainsi, en janvier 1975, M. Bédié se trouve à Washington et obtient

de l’Exim Bank et de la First National City Bank 1,75 milliards de francs CFA pour le complexe sucrier de Ferké. Ce prêt est présenté comme un grand succès. La sucrerie américaine, la première à voir le jour, coûtera au total 16 milliards et produira, en 1978, 22 000 tonnes de sucre brun au lieu des 45 000

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