d’Ivoiriens, priment toute autre considération, et les ancrent dans l’idée de l’ouverture rapide de la succession.


Cette conviction, bien étrange sous d’autres cieux, perdure en dépit de la santé florissante de M. Houphouët-Boigny qui a subi avec succès deux interventions chirurgicales destinées à améliorer grandement sa vue. La récupération de ses capacités oculaires, soit dit en passant, rendra le Président moins dépendant de son entourage domestique, en lui permettant d’avoir un accès direct à certains documents
et articles, au lieu de rapports oraux plus ou moins intéressés
et honnêtes.


Et la déposition en douceur du Combattant Suprême de Tunis ?
Certes, la presse ivoirienne s’est abstenue de titrer sur cet événement et l’a présenté sous une forme on ne peut plus anodine. Cette attitude défensive, si l’on en croit M. Edgar Pisani, apparaît davantage comme une réaction sentimentale du Président que comme une crainte de voir surgir un émule ivoirien du général Ali.


M. Houphouët-Boigny, à l’heure actuelle doyen des Chefs d’Etat d’Afrique, voire probablement, du monde, paraît s’agripper au pouvoir.
Bien entendu, on ne peut négliger ce paramètre quand on le connaît, quand on sait sa soif d’absolu, sa propension à s’entourer de laudateurs, sa volonté de parachever la construction de la fameuse Basilique ou son souhait de pérenniser Yamoussoukro comme capitale du pays.


Mais à mon sens, expliquer par ces considérations somme toute subalternes l’obstination du Président à rester seul maître à bord, serait faire insulte à son intelligence, quelle que soit par ailleurs l’ampleur de sa mégalomanie. En se maintenant au pouvoir, il cherche, de toute évidence, c’est ma conviction profonde, à préparer le terrain pour son dauphin, celui qu’il a choisi depuis fort longtemps, depuis des décennies. Contre vents et marées, il reste convaincu que son choix est bon, que son candidat, tous paramètres confondus, sera un successeur somme toute valable.


Il le sait, son "poulain" sera dépourvu de charisme dans un pays dominé par les antagonismes ethniques. En effet, il n’existe pratiquement aucune ethnie qui ne se sente à même de présenter un

candidat à la présidence de la République. D’où la nécessité de tenir le gouvernail jusqu’au bout, afin de contourner les écueils, éliminer les concurrents

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