Présentation de Jacques Baulin

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

Né en 1924 à Héliopolis en Égypte, près du Caire, Jacques Baulin est scolarisé dans une prestigieuse congrégation enseignante, à savoir les Frères des Écoles Chrétiennes, où il apprend à lire et écrire couramment le français, l’arabe et l’anglais et où il acquiert la conception d’une existence impérieuse et sévère qui honore le Bien comme un Absolu.
Jeune adolescent, il découvre le matérialisme historique, l’Histoire se substituant au Ciel et le Prolétariat à l’Église. Il rejoint alors de petits cercles “subversifs” et participe à l’agitation contre le régime de Farouk ; ce qui lui vaut un an de bagne et l’obligation de quitter définitivement son Égypte natal.
Choisissant la France qui à ses yeux, à cette époque, représente le seul pays noble défendant des causes désespérés, il y gagne sa vie avec divers travaux de plume. Grâce à une de ses relations (Mr. Diffre, chef de Cabinet du président Houphouët-Boigny), il participe à la conférence d’Addis-Abéba fondatrice de l’O.U.A. en 1963 et y rencontre le leader ivoirien. Ce dernier, quelques mois plus tard, subjugué par son énergie inépuisable et sa capacité à gérer plusieurs projets de front, va le prendre dans son équipe comme conseiller et chargé de mission après avoir passé un accord politique tacite mais précis et il le restera jusqu’à sa démission en 1969, suite à son désaccord sur la question du Biafra. Il fut également conseiller du président nigérien Hamani Diori de 1965 à 1974 et directeur du Centre d’information et de documentation ivoirien.

Dans le cadre de cette expérience, il a eu accès à de nombreux dossiers et documents ; ce qui l’a amené à publier deux ouvrages intitulés La Politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny. Tous deux ont connu un succès certain tant auprès des collègues africains du chef de l’État ivoirien que des élites des différents pays de la région. Conseiller du président Diori se place dans le droit fil de ces deux livres.

Pour Jacques Baulin, l’essentiel de l’effort de ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Afrique doit porter, au stade actuel, sur l’émergence des documents secrets ou confidentiels cachés à dessein, oubliés ou perdus par mégarde, mal classés ou enfouis volontairement dans les archives. Ce travail de collecte lui paraît indispensable pour décourager, chez certains dirigeants africains, leur tendance naturelle à opter pour le concept soviétique en histoire, c’est-à-dire à évacuer la vérité, à vouloir gommer ce qui leur déplaît.

L’auteur se dit également convaincu de la nécessité de mettre tout le matériel récolté à la disposition d’un public aussi vaste que possible. En les replaçant de plus dans leur cadre, il donne à ces documents ou événements leur sens profond. L’auteur espère que l’apport de tous ces matériaux pourra aider quelque peu les historiens nigériens de demain à définir l’évolution, la place et le rôle de leur pays en Afrique et dans le monde.

Au fil des pages, il met aussi en relief, avec un rare bonheur, la dilution progressive de l’omniprésence du président Houphouët-Boigny dans les affaires nigériennes au fur et à mesure de l’épanouissement de la stature africaine et internationale de M. Diori Hamani, son lieutenant de jadis.

Dans cette perspective, Jacques Baulin, témoin et acteur au Niger comme jadis en Côte d’Ivoire, dévoile nombre de données confidentielles ou inédites sur les relations du Niger avec la France, la Côte d’Ivoire, le Canada, le Nigéria, la Libye, Israël ou l’URSS ; il narre de façon vivante le combat, dur jusqu’à l’invraisemblance, du président Diori contre les puissants groupes de pression parisiens tant dans l’affaire de la Francophonie que dans celle des négociations pour la revalorisation du prix de l’uranium.

L’auteur fut encore témoin et acteur durant les quinze mois qui devaient s’écouler entre la chute du président Diori et l’élimination du commandant Sani, deus ex machina du putsch du 15 avril 1974. Le récit de ses discussions avec les officiers putschistes et en particulier avec Sani a valeur de témoignage.




Interview sur la vie et la personnalité de Baulin.
Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, président du fonds Baulin, nous présente ici et plus en détails la personnalité de Jacques Baulin, ses orientations politiques et l’action menée relativement à sa fonction. Un à propos sur les enjeux et conflits d’intérêts politico-économiques en Afrique de l’Ouest pendant et après la décolonisation.

Le fonds Baulin - Nous avons pu nous procurer que quelques rares éléments concernant la vie de M. Jacques Baulin. Accepteriez-vous de les compléter et de nous éclairer sur certains points ?
ISSA IBRAHIM - Je trouve que c’est tout à fait naturel.

F.B. - Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi il est si difficile de trouver des éléments de sa biographie ?
I.I. - En premier lieu il faut savoir que ce n’était absolument pas quelqu’un d’intéressé par la publicité que l’on pouvait faire autour de sa personne. Ce n’était pas son truc. Et ce qu’il a accompli, il ne l’a fait ni pour l’argent, ni pour la gloire. Sur ce point il a toujours dit qu’il faisait ça « pour l’Histoire, pas pour l’argent ». De plus, si il était peu connu en dehors du cercle des personnes directement préoccupés par la question africaine, c’est parce qu’il était gênant.. pour les Foccart surtout [1]... Il résidait en France, fréquentait le milieu politique mais certaines portes restaient fermées. Ceci dit, ça ne le gênait pas.

F.B. - Il a été résistant pendant la guerre. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
I.I. - Il était très jeune alors, je ne pense pas qu’il ait joué un grand rôle durant cette période.

F.B. - A-t-il été plus actif dans ses activités au Parti communiste en Égypte ?
I.I. - Oui, c’était un activiste, avec toute la fougue et la jeunesse que l’on peut imaginer !

F.B. - Que faisait-il ? S’agissait-il d’une activité intellectuelle au travers d’écrits ?
I.I. - Oui, et de manifestations aussi. Je compte d’ailleurs développer ce point quand je rencontrerai sa veuve et son fils.

F.B. - Nous savons qu’il a suivi ses études en Égypte, dans une congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes. Comment expliquer que son parcours l’ait amené à devenir marxiste durant ses études ?
I.I. - A l’époque, quel jeune homme de 20 ans n’a pas eu l’idéal marxiste ? Quel jeune de 20 ans ne souhaitait pas sauver le monde ? Cet engagement là était aussi une question de génération. Personnellement, je l’ai rencontré bien après cette période. Je ne l’ai pas connu marxiste.

F.B. - A l’issue de sa condamnation de 1950 lui valant un an de bagne et l’obligation de quitter l’Égypte, outre sa double culture, avait-il des raisons particulières de choisir la France comme pays d’accueil ?
I.I. - Pour le jeune homme idéaliste qu’il était en 1950, la France représentait le symbole qu’une certaine « intégrité » et d’une « aide aux personnes désespérées » !

F.B. - C’était encore et pourtant un pays colonisateur ?
I.I. - Parmi tous les pays du monde, il n’y avait pas un autre pays pouvant se prévaloir d’une vocation aussi “noble”.

F.B. - Par quel concours de circonstances a-il été amené à travailler en Afrique et à devenir le conseiller d’Houphouët ?
I.I. - Le continent africain a toujours intéressé Jacques Baulin et surtout la question de la misère. En tant que « communiste » et « marxiste », il s’intéressait à tout ce qui avait trait à l’« émancipation » des peuples. Il faisait partie de ces gens qui croyaient encore en l’émancipation de l’Afrique.

F.B. - Est-ce que ce sont ses convictions politiques qui l’ont rapproché d’Houphouët-Boigny en premier lieu ?
I.I. - Certainement pas. C’est la question de l’Afrique. Comme Jacques Baulin était quelqu’un de “bosseur”, Houphouët a su en tirer profit pour certains de ses plans. Mais ça ne pouvait pas durer parce qu’ils ne partageaient pas du tout le même idéal. Placé devant des contradictions, Baulin s’est “éjecté” dès qu’il a vu que ça ne pouvait pas marcher.

F.B. - Quelles étaient justement les convictions les plus importantes de Jacques Baulin ?
I.I. - Il croyait en l’homme et surtout au travail.

F.B. - Quels étaient vos rapports avec Monsieur Baulin ?
I.I. - Du simple fait qu’il était conseiller de Diori, il était proche de mes parents. C’est quelqu’un que j’ai connu tout petit et que j’ai admiré.

F.B. - Avez-vous entretenu des rapports intimes avec lui ?
I.I. - Par la suite, oui. A Paris notamment, c’est quelqu’un que je voyais, régulièrement. Je déjeunais avec lui chaque jeudi, du temps où il était encore bien portant. Évidemment, on discutait. Il m’éclaircissait sur la politique nigérienne et aussi sur les différentes personnalités qui participaient à cette politique en fait.

F.B. - M. Jacques Foccart disait de lui en 1969 « il a été très influent chez Houphouët-Boigny ». Pourriez-vous nous dire quel genre d’influence il a eu sur le Président de Côte d’Ivoire ? Dans quels domaines particuliers ?
I.I. - En fait, il disait simplement ce qu’il pensait être bon pour le service de l’État ivoirien.

F.B. - A la demande du président Houphouët-Boigny, il a créé et développé le Centre d’Information et de Documentation Ivoirien. Quel a été le rôle de ce Centre en France et dans le monde ?
I.I. - Il y en a eu un pour le Niger aussi. Ce sont des centres de veille technologique. Pour la Côte d’Ivoire, il y avait une surveillance des opposants qui se trouvaient là. Je pense que c’était plutôt de l’espionnage, ni plus ni moins. C’était un petit réseau d’espionnage, c’est tout.

F.B. - Quand on est Conseiller du président, le voit-on tous les jours ?
I.I. - Pas tous les jours, il avait des missions à remplir. Pour le Niger, il s’occupait des rapports avec le Canada et puis surtout des affaires internationales. Mais il ne s’occupait pas de la Politique intérieure.

F.B. - Avec Houphouët-Boigny non plus ?
I.I. - Avec Houphouët, je ne sais pas trop. C’était certainement sur le plan international. Mais Houphouët a vite compris qu’il n’avait pas besoin de lui et surtout que ça pouvait le déranger.

F.B. - Conseiller de deux chefs d’États pendant la même période ce n’est vraiment pas banal. A t-il rencontré des difficultés à mener de front cette double tâche ?
I.I. - Ça n’a pas duré très longtemps, ça s’est chevauché sur 2 ans. Deux ans, ça passe vite. Le temps de rompre, c’est vite fait.

F.B. - Et en tant que conseiller, restait-il aussi en arrière-plan ?
I.I. - Il a toujours été discret. Quand il était conseiller, il laissait les Présidents prendre les décisions. C’est eux qui décidaient de la voie qu’ils désiraient suivre. Et lui les y aidait. C’est d’ailleurs pour ça que ça n’a pas marché avec Houphouët. Comme je l’ai dit, les choix de celui-ci s’opposaient bien souvent aux conseils que pouvaient lui prodiguer Baulin.

F.B. - Lors de la guerre du Biafra [2], le président Houphouët-Boigny voit le Président Diori, je cite, « sous l’emprise de Baulin qui mène le clan anglo-saxon ». Qu’en est-il vraiment ?
I.I. - C’est pas un “truc” anglophone, le Biafra. Houphouët-Boigny pensait pouvoir tirer profit de cette distinction... essayer de récupérer les champs pétrolifères qu’il y avait dans la république du Biafra. Il a voulu entraîner De Gaulle sur cette voie. S’il avait réussi, il aurait eu le pétrole. Le Nigeria est une république « une et indépendante » devenue le Biafra quand elle a fait sécession malgré tous les gens de bonne volonté qui étaient contre cette sécession. Contrairement à Diori, Houphouët était de l’autre côté, il voulait un Nigeria affaibli. C’est avec le Biafra que la rupture a été totale entre eux. Et c’est à ce moment que Jacques Baulin s’est rapproché de Diori.

F.B. - Houphouët semble avoir voulu continuer dans une logique coloniale ?
I.I. - Pas au départ. Au début, il était président du RDA, [3]. Le RDA du début, était très rigoureux, il travaillait « pour » le continent africain. Mais Houphouët lui a donné une autre tournure, que tout le monde a déploré par la suite.

F.B. - Jacques Baulin avait-il une influence sur la politique africaine de la France ?
I.I. - Quelle « politique africaine » ? Si c’est celle du réseau Foccart, certainement pas. Il représentait un obstacle pour eux. Il avait un “souci” avec le groupe Foccart [4]... Sur la guerre du Biafra, il a eu la position franche de pas vouloir dresser le Nigeria contre la France [5]. Il a pu “faire le pont” en étant « prospecteur de démarches ». Mais il a eu une influence certaine auprès de la France après l’épisode du Biafra. Avec sa contribution, la France a pu obtenir des marchés, notamment le site de montage Peugeot au Nigeria et Alcatel pour le téléphone et le pétrole [6].

F.B. - Quand on se retrouve avec M. Baulin, évoque t-on les affaires de corruptions ?
I.I. - En ce qui concerne les accusations de corruptions, Jacques Baulin a déclaré, dans les années 80 qu’il y avait 10 fois plus de corruptions que lorsque Diori est tombé. Et je ne vous parle même pas de maintenant. Maintenant, ça ferait rire les gens. C’est pire parce que c’est généralisé. Même si vous n’avez aucun soutien, vous pouvez détourner des fonds. En toute sincérité, je pense que ce n’est pas lui qui a dû détourner l’argent. L’un de ses collaborateurs a détourné l’argent alors qu’il se trouvait sous son autorité. Et en 1974 il s’est suicidé.

F.B. - Suite au renversement du président Diori en 1974, quelles ont été les activités de M. Jacques Baulin ?
I.I. - Il est rentré en France. Son rôle de conseiller n’était pas sa seule activité. Il dirigeait des entreprises ici, en France, et y vivait. Il n’a vécu dans aucun pays africain, il y partait souvent, mais n’a jamais vécu là bas, même si il a la nationalité nigérienne. Son fils et sa femme également.

F.B. - L’Afrique demeure pourtant un terrain d’action très important pour lui ?
I.I. - Oui, mais ce n’est plus l’Afrique “de demain” et la force “de maintenant” (rires).

F.B. - Les quelques éléments permettant de reconstituer partiellement la vie de Jacques Baulin nous laissent penser qu’il n’était finalement pas un homme répondant à une “stratégie de parti” mais à ses propres convictions ? Qu’en pensez-vous ?
I.I. - C’est là sa force et son défaut, il ne croit qu’à ses convictions. Par conséquent, il est vrai que le jeu des partis ne l’intéressait pas beaucoup.

F.B. - Pouvez-vous nous décrire Jacques Baulin dans sa vie quotidienne, était-il quelqu’un de joyeux, de simple ?
I.I. - C’était quelqu’un de très agréable, de passionnant, de très cultivé. Il avait une “mémoire d’éléphant”, vraiment ! Il se souvenait des nigériens qu’il avait croisés, des gens modestes vus parfois cinq minutes lors de son passage au Niger. Il se souvenait encore de leurs noms. Même l’entourage des parents, des gens que j’avais oublié, il me les rappelait. C’était aussi quelqu’un de très modeste et de très travailleur et il aimait mettre les gens au travail.

F.B. - Était-ce un ami fidèle ?
I.I. - Ah oui, ça c’est sûr. D’ailleurs il l’a prouvé en restant avec Diori. Quand Diori avait le pouvoir il avait tout une “cour” autour de lui. Mais dès qu’il a été renversé, tout le monde est parti. Mais pas Baulin. Et Houphouët a tout fait pour tenter de le séparer de Diori. Après le coup d’État [7] Baulin a pu aider la famille Diori a constituer un fonds de commerce et mener une activité commerciale au Nigeria. Il n’avait plus aucun intérêt à le faire, il n’avait plus aucun devoir sauf le devoir moral de soutenir son ami sachant très bien, contrairement à ce que l’on pense, que Diori ne vivait que de son salaire après être parti du Niger. Lui, a pu aider et sauver des enfants, monter des affaires au Nigeria. Dans cette rupture entre lui et Houphouët, on peut voir que ce n’était pas l’argent qui intéressait Baulin. Si sa motivation première avait été l’argent il serait resté travaillé avec Houphouët plutôt qu’avec Diori. Il m’a toujours dit que l’argent ne l’intéressait que jusqu’à un certain niveau, pas beaucoup. Beaucoup d’argent, il ne pouvait pas gérer ça. La preuve c’est qu’il habitait dans un HLM, même si c’était un HLM du 8e.

F.B. - Pour terminer, que pourriez-vous nous dire de l’héritage culturel que laisse Jacques Baulin aujourd’hui, à la fois sur la conception de la politique Africaine, mais au delà, sur celle de la politique en général ?
I.I. - Il aura été un visionnaire. Il parlait de cette situation particulière dans laquelle se trouvait alors l’Afrique, situation qui aujourd’hui semble évidente pour tout le monde. On s’est aperçu que la voie, les méthodes choisies par Houphouët n’étaient pas bonnes. Aujourd’hui les visées ont été modifiées. Je vous enverrai des documents à ce propos... Un Jobert [8] avait déjà une conception de la francophonie qui n’était pas celle du Groupe Foccart, et qui n’était pas la conception officielle de la France de Pompidou. Et puis, il y a avait la conception des africains aussi qui n’était pas du tout pareil.

F.B. - Cette vision de l’Afrique serait son héritage ?
I.I. - Oui et le véritable échec serait de ne pas reconnaître et tirer des leçons des erreurs passées.


Interview de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, Président du Fonds Baulin, réalisée en juillet 2009, à Marseille.

Notes

[1] n.d.l.r. : Jacques Foccart, chargé de mettre en place les “structures parallèles” sous De Gaulle pour maintenir la structures des États nouvellement indépendants, détestait souverainement Jacques Baulin.

[2] La guerre a lieu sur la scène nigérienne de mai 1967 à janvier 1970. Elle débute par la sécession de l’Est (le Biafra). En janvier 1967, un accord est proposé au Nigeria au terme d’une médiation ghanéenne. Il prévoit l’abandon de la division du pays en régions afin d’instaurer une République fédérale composée de douze États.

[3] Le Rassemblement Démocratique Africain Le RDA est fondé à l’issue du Congrès de Bamako en octobre 1946 à l’initiative de Félix Houphouët-Boigny. Les pays participants visent l’intégration progressive de l’économie africaine dans l’économie “moderne” par l’augmentation du revenu national. En 1960, l’accession à l’indépendance de la plupart des États africains fit éclater le R.D.A. en partis spécifiques à chaque pays.

[4] Beaucoup s’entendent pour dire que Jacques Foccart envisageait cette guerre comme une « guerre de religion ». Les régions Est et Nord sollicitent l’aide de la France. De Gaulle décide alors d’un embargo et penche pour le Biafra en plaçant à la tête du gouvernement le général Gowon, avec pour mission de rétablir la paix dans le pays - l’ethnie Ibo, en majorité chrétienne et animiste souhaitait s’affranchir de la tutelle fédérale des Haoussa, en majorité musulmans - et un régime civil au gouvernement. De Gaulle déclare à Jacques Foccart qu’il souhaite le « morcellement » du pays afin d’affaiblir la zone d’influence britannique tandis qu’Houphouët-Boigny, soutenus et financés par l’Afrique du Sud (et la Rhodésie) soutient le général Ojukwu afin de réduire l’influence du Nigeria anglophone en Afrique.

[5] Alors que certains, comme Albert-Bernard Bongo, chef d’État du Gabon, soutenaient la sécession du Biafra pour le compte des Français.

[6] Le bassin pétrolifère a joué un rôle prépondérant à l’origine et pendant la guerre puisque la région Est détenait les deux-tiers des réserves. En 1967, le Gouverneur Général de la région s’approprie le dernier tiers en traversant le Niger et en envahissant la région du Centre-Ouest puis Lagos, la capitale.

[7] Hamani Diori a été renversé par le coup d’État du général Seyni Kountché en 1974. Premier président de la république du Niger, il fut un des acteurs de la coopération franco-nigérienne en vue de l’indépendance du pays.

[8] Michel Jobert.

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique