Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

remarque dès mon retour à Paris, le 29 mars 1974. En effet, les informations alarmistes affluent de toutes parts. J’en informe le Président par une note datée du 5 avril 1974 [28].

En somme, l’accord de défense avec la Libye, s’il a pu être utilisé comme prétexte pour le coup d’État, ne pouvait, lui non plus, en être la cause.

Au demeurant, aucune des trois exégèses _l’impéritie, la corruption et la menace libyenne_ n’eut droit de cité dans la presse mondiale. En France comme ailleurs, les journaux s’obstinèrent à ne retenir aucune des trois explications. Ils établirent, dans leur ensemble, une relation de cause à effet entre le combat du président Diori pour la revalorisation du prix de l’uranium nigérien et le putsch.

De l’Humanité en France au New York Times, les journalistes posent la même question lancinante. Le Quotidien du P.C.F. demande ce qu’il est advenu des exigences formulées « par le président Diori concernant le prix de l’uranium qu’il voulait voir multiplié par dix. » Pour le journal américain aussi, Diori Hamani, « tout en coopérant avec la France par amitié et par nécessité, avait recherché des investissements d’autres pays pour l’exploitation de l’uranium. » Témoignage chrétien titre : « Un président victime de la sécheresse et de l’uranium. »

Le Quotidien de Paris fait preuve d’une plus grande sévérité. Après avoir dénoncé la « dureté sordide » de M. Foccart, le journaliste s’attache à expliquer la volonté de M. Diori Hamani d’indexer « la valeur de son minerai sur le coût du kilowatt-heure produit à partir du pétrole » et conclut avec la question : « Que va faire ce lieutenant-colonel Kountché qu’on vient de découvrir, et que le CEA ou les tuteurs du CEA, qu’ils l’aient voulu ou non, ont porté au pouvoir ?... »

Le colonel Kountché, pleinement conscient qu’il lui sera difficile de se débarrasser de ce péché originel, fera de son mieux pour l’effacer.

Il commencera donc par nier toute collusion. « On représente souvent à l’extérieur notre action comme étant liée à une main étrangère, dit-il : j’apporte un démenti formel à toutes ces imputations. » Devant le peu d’effet de ces dénégations, il affirme qu’il se montrera aussi intraitable que le Président sur l’uranium dont l’exploitation et la commercialisation « ne peuvent... se concevoir que dans le cadre du développement de notre

<< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 >>
Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique