dois employer à son égard...
— « Dis donc, tu oublies l’uranium. Tu ne parles pas des discussions qui étaient en cours, du tournant décisif atteint à la veille du coup... »
— « Non. Ce que nous avons fait n’a rien à voir avec l’uranium. Tu en auras la preuve dès que les négociations reprendront. Et elles reprendront là où vous les avez laissées. Attends seulement que le gouvernement soit formé. Ce sera l’une de ses premières tâches... »
— « Et l’assassinat de la présidente ? »
— «  Il y a eu treize morts, dont deux en combattant. Les onze autres, y compris Madame, ce sont de simples accidents. Quand le colonel (Kountché) m’a téléphoné pour me demander de venir immédiatement parce qu’il y avait eu une catastrophe, je suis allé au quartier général. Kountché était au bord des larmes quand il m’a annoncé que Madame était mortellement blessée. Cela a été un coup très dur pour nous. Dieu sait que nous avons fait l’impossible pour qu’il n’y ait pas de sang. Ceux qui sont morts au combat, ce sont les deux gardes du corps, dont le vieux Badié... »

Sur sa lancée, il me donne ensuite quelques détails supplémentaires sur le déroulement du coup de force. Puis :
« Le lundi à six heures du matin, dit- il, nous avons convoqué Gaschignard [4] pour lui dire que nous espérions que la France n’interviendrait pas et que tout avait été prévu pour faire face à une telle éventualité.

Quand le colonel Prax s’est présenté dans un DC 8, poursuit Sani, et a demandé l’autorisation d’atterrissage, nous la lui avons refusée, d’autant plus qu’il venait de la base (Dakar) où se trouvent les troupes d’intervention. Nous lui avons fait clairement savoir que si son avion tentait d’atterrir, on lui tirerait dessus. C’est pourquoi il a été atterrir à Ouaga et est venu nous voir dans un petit avion.

« Jalloud s’était, lui aussi, mis dans la tête de venir nous voir, me dit encore Sani, sans nous en aviser au préalable. Nous ne lui avons pas non plus donné l’autorisation d’atterrir. Nous lui avons demandé gentiment de revenir à un moment plus opportun, en nous donnant un certain délai... »

Et les conditions de détention du Président ?

« Tu n’as pas à te faire de souci, car il est très bien traité. Nous avions même mis à côté de lui son frère, mais celui-ci a raccompagné le petit Moussa (fils cadet du Président blessé pendant l’attaque du Palais) à Abidjan et n’est

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