le rend tributaire de l’aide financière et surtout technique de la France ; les difficultés de tous ordres auxquelles il fait face chaque fois qu’il adopte une position indépendante, avec le cas du Nigéria par exemple ; la volonté du Niger, soucieux de parfaire son indépendance, de contrebalancer le fait francophone par de solides rapports de bon voisinage avec ses voisins du Nord et en particulier avec la Libye à laquelle l’attache un héritage islamique commun et une frontière commune...

Le Président aura bientôt l’occasion de jauger le nouveau dirigeant libyen. En effet, le 17 février 1971, dix-huit mois après l’arrivée du Colonel Kadhafi au pouvoir, le président Hamani Diori sera le premier chef d’État d’Afrique sub-saharienne à se rendre en visite officielle à Tripoli.

Le voyage sera fructueux dans la mesure où il sera couronné par la signature d’un traité d’amitié et de bon voisinage, et par la décision de créer une commission nigéro-libyenne de coopération économique. Israël sera condamné, certes, dans le communiqué commun, mais l’affaire ne soulèvera guère de vagues. Quant au problème tchadien, il ne sera pas mentionné dans le communiqué ; le Président n’en avait pas moins reçu de son hôte la promesse formelle quoique verbale qu’il s’abstiendrait de toute immixtion dans les affaires intérieures du Tchad...

Hélas ! ce dernier problème reviendra au premier plan de l’actualité africaine quelques mois plus tard. En effet, dans la nuit du 26 au 27 août 1971, Fort Lamy annonce l’échec d’un coup d’État et le lendemain la rupture des relations diplomatiques avec la Libye, accusée d’ingérence dans les affaires du Tchad. Tripoli riposte le 18 septembre en reconnaissant le FROLINAT (Front de Libération National Tchadien) comme représentant du peuple tchadien et en permettant à cette organisation d’ouvrir des bureaux en Libye.

Ce même jour, le président Diori arrive à Tripoli, y reste vingt-quatre heures et repart pour Niamey avec l‘accord du colonel Kadhafi pour une médiation nigérienne. Quarante-huit heures plus tard, il s’envole pour Fort-Lamy [2]. Les négociations seront dures et longues, M. Tombalbaye faisant preuve de réticence envers le médiateur nigérien. Finalement, au bout de six mois d’efforts et douze jours de négociations ardues, les délégations libyenne et tchadienne, réunies à Niamey, signent le 12 avril 1972 un communiqué normalisant les relations entre les deux pays...

Entre-temps, l’influence du président Diori aura augmenté grandement à Fort-Lamy, et surtout à Tripoli. Pour Kadhafi, le Niger du président Diori ne peut être une terre d’aventures comme le Tchad. Il se doit de le

<< 1 2 3 4 5 6 7 8 >>
Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique